Le président Emmanuel Macron a affirmé qu’un manque de leadership américain est à l’origine de la « mort cérébrale » de l’alliance militaire de l’OTAN, insistant, dans une interview publiée jeudi, sur le fait que l’Union européenne doit se renforcer et commencer à agir comme une puissance mondiale stratégique.

La critique publique de Macron sur l’état de la plus grande alliance militaire du monde a été rejetée par la chancelière allemande Angela Merkel et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, ouvrant la voie à une éventuelle confrontation à Londres le mois prochain lorsque le président Trump rejoindra ses homologues.

« Ce que nous vivons actuellement, c’est la mort cérébrale de l’OTAN », a déclaré M. Macron au magazine The Economist. Il a déclaré que les États-Unis, sous la direction de Trump, semblaient tourner le dos, notamment en retirant des troupes du nord-est de la Syrie sans préavis.

M. Trump a surpris ses partenaires de l’OTAN avec le retrait des troupes le mois dernier. L’OTAN ne joue aucun rôle en Syrie, si ce n’est d’aider la coalition à combattre l’État islamique. Mais la Turquie, un autre allié de l’OTAN, a vu dans cette décision le feu vert pour envahir la région.

« Donc, dès que vous avez un membre qui estime avoir le droit de se débrouiller seul, comme le cas des États-Unis d’Amérique, il le fait. Et c’est ce qui s’est passé », a dit M. Macron.

Trump a également malmené les alliés en annonçant le retrait des troupes en Afghanistan, puis en déclarant que les pourparlers de paix avec les talibans avaient été annulés après qu’un attentat à la bombe eut tué un soldat américain. L’OTAN joue un rôle majeur en matière de sécurité dans le pays depuis 2003, mais son avenir n’est plus clair.

Au-delà de cela, le dirigeant américain a publiquement réprimandé d’autres dirigeants lors d’un sommet en mai 2017 pour ne pas avoir réussi à augmenter leurs budgets militaires. Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, l’intérêt de M. Trump pour les dépenses de défense est un thème récurrent qui devrait être à l’ordre du jour du sommet des 3 et 4 décembre à Londres.