Les grèves des transports français se sont poursuivies mercredi pour une 42e journée, un compromis gouvernemental sur l’âge national de la retraite n’ayant pas réussi à convaincre certains syndicats de mettre fin aux perturbations qui ont secoué le pays.

Mercredi, trois ports français importants – Marseille, Le Havre et La Rochelle – ont été totalement bloqués. Les contrôleurs aériens se sont également joints à la grève, qui, selon Air France, entraînera des interruptions modérées des vols moyens et court courrier jusqu’à jeudi.

Depuis début décembre, les syndicats ont protesté contre les plans controversés du président Emmanuel Macron visant à réformer le célèbre système de retraite français, dans le cadre duquel 42 régimes distincts régissent différents types d’employés du secteur public.

L’idée de Macron était de centraliser ces régimes en un système unique à points dans lequel certains travailleurs seraient gagnants tandis que d’autres – y compris les travailleurs des transports sur les lignes de train à grande vitesse et le métro de Paris – seraient perdants. Des grèves paralysantes dans les transports qui se sont poursuivies pendant toute la période des vacances ont suivi, interrompant les plans de déplacement et perturbant l’industrie touristique toujours lucrative des grandes villes françaises.

Mercredi, François Villeroy de Galha, gouverneur de la Banque de France, la banque centrale du pays, a déclaré à une commission parlementaire que les grèves – qui sont maintenant les plus longues de France – avaient réduit la croissance économique au quatrième trimestre de 2019 de pas moins de 0,1 %.

Pour sortir de l’impasse, le Premier ministre français, Édouard Philippe, a suggéré un compromis au cours du week-end : Pour l’instant, le gouvernement abandonnera l’âge pivot de 64 ans, qui est l’âge auquel les travailleurs auraient droit à une pension complète dans le cadre du nouveau régime universel de Macron, alors que l’âge officiel actuel de la retraite en France est de 62 ans.

Le gouvernement a également annoncé qu’il reporterait à la fin du mois d’avril toute décision cruciale concernant le financement du système de retraite français, réputé généreux, bien que ce report n’exclue pas d’éventuelles réductions.