C’est tout chaud, c’est bien un philosophe, François-Xavier Bellamy, qui sera à la tête de la liste du parti Les Républicains aux élections européennes. Philosophe et homme politique, ce n’est plus quelque chose de nouveau. Que peut aller chercher le politique au sein de la philosophie ?

Pour sa part, François-Xavier Bellamy est normalien, créateur des « Soirées de la philo » à Bordeaux, auteurs de plusieurs essais, dont notamment Les déshérités et Demeure. En se basant sur les dernières années, ce n’est pas la première fois qu’un philosophe se frotte à la politique. L’occasion pour nous de revenir sur cette cérémonie des genres.

Depuis des mois et des mois, Laurent Wauquiez patine dans l’opinion publique, chacune de ses sorties est brocardée, chacune de ses phrases est fragmentée en mille morceaux pour être retournée contre lui, chacune de ses décisions est tournée en ridicule. Mais le président des Républicains vient certainement de compléter le plus beau coup politique depuis qu’il a repris ce parti exsangue. Un coup de maître. Les LR étaient devenus inaudibles, les barons historiques s’en allaient, Wauquiez l’affamé, le jumeau ambitieux d’Emmanuel Macron, façonné comme lui aux grandes écoles et par son ambition présidentielle, se retrouvait à la tête d’une formation famélique, moribonde. Et voilà que François-Xavier Bellamy est apparu !

Sur le papier, évidemment, propulser un philosophe trentenaire et versaillais, même pas membre du parti, comme tête de liste aux élections européennes pouvait sembler pour le moins hardi, en tout cas déconcertant. Force est de constater qu’au tout autre l’entrée en campagne, intelligemment orchestrée depuis plusieurs jours, est loin d’être un échec. Un cas d’école à enseigner dans les instituts de communication.

Mais face à un tel coup d’échec, depuis que son nom a surgi pour conduire le récapitulatif LR aux européennes, la chasse au Bellamy est ouverte sur les ondes des radios publiques. Un journaliste vedette annonce notamment en ouverture de son journal qu’il est le représentant de la dextre « tradionaliste », et croit devoir rajouter : « Mais c’est son droit le plus strict. » Les intervieweurs vedettes font tout pour faire cracher aux LR, qui défilent devant leurs micros, que c’est quand même un soucis que leur tête de liste soit « anti-IVG, anti-mariage gay », etc.